Brève histoire de la physique nucléaire à la DAM  
     
     
 
Quand la France décide de se lancer dans la réalisation d’un armement nucléaire, tout est à faire en matières de recherche en physique nucléaire.
 
     
  Calculer les premières sections efficaces neutroniques  
     
 
Pour les physiciens nucléaires de la DAM, le plus urgent est alors de mesurer les « sections efficaces neutroniques » nécessaires aux calculs et à l'interprétation des premiers engins expérimentaux. Les sections efficaces donnent la probabilité d'interaction entre une particule, ici le neutron, et le noyau d'un atome, par exemple un noyau d'uranium. Le Service de Physique Nucléaire est né de ce besoin.
 
     
 
 
Pour effectuer ces mesures, l'outil essentiel est l'accélérateur de particules. Cet appareil permet d'envoyer des particules sur une cible choisie et de mesurer les particules issues de cette collision. Dès 1957, le service dispose d'un accélérateur de type Van de Graaff venant du site CEA de Fontenay-aux-Roses et d'un petit accélérateur Sames. Ces engins seront complétés en 1963 par un accélérateur plus puissant, un Van de Graaff tandem pour lequel est construit le bâtiment qui abrite encore aujourd'hui le Service de Physique Nucléaire sur ce qui est maintenant le centre DAM Île-de-France.
 
Tandem
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  Vers une physique plus théorique…  
     
 
La qualité des travaux réalisés dans le service commence à être reconnue, en particulier par nos collègues américains. Entre temps, le premier engin nucléaire français avait explosé le 13 février 1960, une bombe A, et les études avaient commencé pour réaliser une bombe H. Le Service de Physique Nucléaire était à l'origine essentiellement expérimental mais assez rapidement les théoriciens sont devenus nécessaires. En effet, certains paramètres ne peuvent pas toujours être déterminés par les expériences. Pour les évaluer, on fait appel à des théories ou à des modèles capables de donner par le calcul une valeur approchée des paramètres recherchés. Il fallait une pièce entière et climatisée pour abriter des ordinateurs aussi puissants qu'une calculette d'aujourd'hui. Les calculateurs ont fait depuis cette époque des progrès fulgurants mais la complexité des théories a suivi cette évolution.
 
Calculateur  
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  ...et plus ouverte vers la communauté des chercheurs.  
     
 
Une étape importante a été franchie en 1972 avec l'arrivée de André Michaudon à la tête du Service de Physique Nucléaire et la décision de s'ouvrir vers l'extérieur. Le Service de Physique Nucléaire reçoit des physiciens étrangers et établit des collaborations et des échanges avec d'autres laboratoires. Cette ouverture est extrêmement fructueuse en incitant les physiciens à se confronter à leurs collègues lors des colloques internationaux et à publier dans des revues prestigieuses.
 
     
 
Le service connaît ensuite de nombreuses évolutions tant au niveau expérimental que théorique. Citons entre autres l'aventure des expériences auprès du GANIL, le pari ambitieux du LEL, Laser à électrons Libres, les améliorations du modèle optique, théorie qui permet de calculer les sections efficaces, le développement des théories microscopiques qui cherchent à décrire le noyau à partir de la seule interaction entre deux nucléons, protons ou neutrons. Aujourd'hui le Service de Physique Nucléaire continue à tenir sa place dans la communauté internationale des physiciens en cherchant à rester toujours au meilleur niveau de compétences et d'innovations et à continuer l'exploration des confins encore inconnus de la table des éléments.
 
     
   
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